Heures supplémentaires
 

 

 

Demander à vos salariés de faire des heures supplémentaires pour pallier un surcroit d’activité nécessite une maîtrise fine de la réglementation pour garantir la conformité et éviter ainsi les litiges liés au temps de travail.. Découvrez avec WE PAIE comment déterminer ces heures, respecter les textes légaux et appliquer correctement les majorations qui s’appliquent.

 

Qu’est-ce qu’une heure supplémentaire ?

Une heure supplémentaire est toute heure effectuée au-delà de la durée légale du travail, soit 35 heures hebdomadaires pour un temps plein. Elle doit répondre à certaines conditions de validité (demande de l’employeur, respect des maximums, etc.) et être correctement identifiée dans le traitement de la paie.

 

Quel est le cadre légal des heures supplémentaires en France ?

Les heures supplémentaires sont strictement encadrées par le Code du travail :

  • Durée légale : 35 heures par semaine
  • Durée maximale quotidienne : 10 heures
  • Durée maximale hebdomadaire : 48 heures, et 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives
  • Contingent annuel par défaut : 220 heures par salarié et par an (sauf convention collective, ou accord d’entreprise/de branche)

Tous les salariés à temps plein sont concernés par les heures sup., qu’ils soient en CDD ou CDI, y compris les contrats particuliers comme les contrats d’apprentissage et de professionnalisation.

 

Combien d’heures supplémentaires peut-on faire par semaine, par mois ou par an ?

Vous ne pouvez pas demander à vos salariés de travailler plus de :

  • 10 heures par jour
  • 48 heures sur une semaine
  • ou 44 heures en moyenne sur 12 semaine
  • ou 46 heures, si un accord d’entreprise ou d’établissement le prévoit, ou à défaut une convention ou un accord de branche
  • Et 220 heures par an si c’est ce contingent annuel qui s’applique. Vérifiez les accords collectifs et votre CCN.

 

Comment calculer les heures supplémentaires ?

Sur une durée hebdomadaire

Le calcul s’effectue chaque semaine :
Heures supplémentaires = Nombre d’heures travaillées – 35 heures

Par défaut, la semaine civile (du lundi à minuit au dimanche à minuit) constitue la période de référence.

 

Sur le temps de travail effectif

Le calcul inclut les évidemment les heures travaillées, mais aussi certaines absences assimilées :

  • Le congé de formation ;
  • Le congé pour événements familiaux ;
  • Les heures de délégation des membres du CSE ;
  • Les contreparties obligatoires en repos pour les heures supplémentaire effectuées au delà du contingent annuel.

 

Le salarié peut-il refuser d’effectuer des heures supplémentaires ?

En tant qu’employeur, vous pouvez demander à un salarié d’effectuer des heures supplémentaires dans le cadre de votre pouvoir de direction : il s’agit d’une obligation pour le salarié, dès lors que la demande est justifiée et conforme aux règles applicables.

Cependant, les circonstances suivantes permettent au salarié de refuser d’exécuter des heures supplémentaires :

  • Lorsqu’il n’a pas été informé dans un délai raisonnable : même si la loi ne fixe aucun délai précis, il ne doit pas être excessivement court ;
  • Lorsque vous imposez systématiquement des heures supplémentaires le samedi, sans justification particulière ;
  • Si les heures supplémentaires ne répondent pas à de réels impératifs liés à l’organisation ou aux nécessités de l’entreprise ;
  • Si vous n’avez pas accordé au salarié le repos compensateur auquel il avait droit au titre des heures supplémentaires précédemment effectuées.

 

Comment calculer une majoration de 25 % ou 50 % pour les heures supplémentaires ?

Identifier les heures effectuées

Totalisez les heures travaillées au-delà de la durée légale ou conventionnelle sur la période définie.

Déterminer les seuils

  • De 36 h à 43 h : première tranche de 8 h.
  • À partir de 44 h : tranche suivante.

Appliquer les taux de majoration

Selon le Code du travail :

  • +25 % de la 36ᵉ à la 43ᵉ heure, soit les 8 premières  heures
  • +50 % à partir de la 44ᵉ heure

Un accord collectif peut prévoir un taux inférieur (minimum +10 %)

Exemple

Avec 40 h/semaine à 16 € brut/heure :

  • 35 h légales
  • 5 heures supplémentaires à +25 % → 16 € × 1,25 = 20 €/h → 100 €
  • Total heures sup = 100 € brut

 

Comment est calculée la rémunération des heures supplémentaires ?

Base de calcul des heures sup

Le calcul du taux horaire applicable aux heures supplémentaires s’effectue à partir d’une base salariale précise, qui peut être revue à la hausse si la convention collective ou un accord interne le prévoit. Cette base comprend :

  • Le salaire de base ;
  • La valorisation des avantages en nature ;
  • Les primes directement liées à la réalisation du travail.

Par exemple, les primes correspondant à des risques spécifiques ou à des conditions particulières de travail — comme une prime de froid — sont intégrées dans ce calcul. À l’inverse, certains éléments sont exclus : les primes d’ancienneté et les remboursements de frais professionnels ne sont pas pris en compte.

Concernant les primes de production, leur intégration dépend de leur nature : si elles sont calculées en fonction de la performance individuelle du salarié ou des résultats de son équipe, elles sont incluses dans le calcul du taux horaire. En revanche, si ces primes ne sont pas directement liées au rendement personnel ou collectif, elles ne sont pas considérées pour le calcul des heures supplémentaires.

Exemple pratique

  • Salaire mensuel brut : 2 000 €
  • Prime de froid intégrée : 100 €
  • Base de calcul : 2 100 €/151,67 = 13,84 €/h

 

Comment calculer les heures supplémentaires à 25 % et 50 % ?

Reprenons le taux horaire de 13,84 €/h pour calculer la rémunération pour 10 heures supplémentaires :

Heures à 25 % (journée 36–43 h) : 8 h × 13,84 × 1,25 = 138,40 €

Heures à 50 % (au-delà) : 2 h × 13,84 × 1,50 = 41,52 €

Total brut pour 10 h supplémentaires : 179,92 €

 

Repos compensateur 

Notez qu’une contrepartie en repos peut remplacer tout ou partie de la rémunération, selon votre convention nationale, ou l’accord collectif signé.

En effet, dans certaines entreprises, les heures supplémentaires peuvent ne pas être intégralement payées en numéraire. Votre CCN ou un accord collectif peut prévoir qu’une partie — voire la totalité — des heures supplémentaires effectuées donne lieu à une contrepartie sous forme de repos, appelée aussi « repos compensateur de remplacement ». Concrètement, cela signifie que le salarié bénéficie de temps de repos supplémentaire en lieu et place de la rémunération majorée normalement due pour ces heures.

Cette organisation présente plusieurs avantages :

pour l’employeur, elle permet de limiter l’impact financier direct des heures supplémentaires sur la masse salariale, tout en respectant les droits du salarié.

Pour le salarié, elle offre la possibilité de récupérer en temps de repos les efforts fournis lors des périodes de forte activité.

 

Paiement des heures supplémentaires : Réduction et exonération sociale & fiscale

Allégements de cotisations

  • Déduction salariale des heures supplémentaires jusqu’à 11,31 %
  • Déduction patronale : 1,50 €/h (≤ 20 salariés) ou 0,50 €/h (20–250 salariés)

 

Exonération d’impôt sur le revenu

Les heures supplémentaires bénéficient d’une exonération de cotisations salariales dans la limite annuelle du contingent et sont défiscalisées dans la limite de 7 500 € par salarié/an.

À savoir qu’elles doivent figurer distinctement sur le bulletin de paie, d’autant plus qu’elles sont prise en compte pour l’ancienneté, la retraite et certains droits sociaux. Le nombre des heures supplémentaires et leur taux de majoration doivent être précisés.

 

Cas particuliers

Forfait jours ou temps partiel

Les salariés en forfait jours ne sont pas concernés par le régime traditionnel des heures supplémentaires

Pour les salariés à temps partiel les heures supplémentaires n’existent pas. Tout dépassement de leur durée de travail est calculé comme heures complémentaires, avec un régime spécifique.

 

Le conseil de WE PAIE

  • Implantez un système de pointage fiable
  • Paramétrez votre paie pour générer automatiquement les calculs et les mentions obligatoires.
  • Anticipez le contingent annuel (220 h/an en l’absence d’accord) en suivant attentivement le compteur
  • Mettez en place un dialogue social fluide avec le CSE ou vos délégués du personnel

 

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